Le Tour du monde de l'éducation-3

Chaque semaine, la série Le Tour du monde de l’éducation vous emmènera au cœur du système éducatif d’un pays. Nous découvrirons son fonctionnement ensemble au travers de plusieurs points de vue et articles de presse, l’occasion pour vous de réagir et de donner votre avis. 

 

Episode 1 de notre série cette semaine. Et c’est au Portugal que nous posons notre regard.

 

Le commissaire à l’éducation Tibor Navracsics a récemment loué le système éducatif du Portugal, n’hésitant pas à le qualifier de modèle. Il a dans ses déclarations encouragé les pays membres de l’Union Européenne à s’inspirer des réformes Portugaises dans ce domaine qui est pour lui « Le modèle le plus attractif (…) en constante amélioration depuis 15 ans. »

Pourquoi ? « Parce qu’il y a une continuité dans les priorités malgré les gouvernements qui se succèdent et l’environnement politique changeant. Il y a une forte détermination et ils poursuivent tous les mêmes objectifs politique » assure-t-il. Et de conclure que « C’est le plus important car l’éducation est un investissement à moyen ou long terme. »

Le dernier rapport PISA[1] semble en tout cas aller dans le sens de ces déclarations puisque le Portugal est le seul pays en Europe à avoir spectaculairement amélioré sa position. Classé à la 25eme place sur 27 en l’an 2000, le Portugal occupe maintenant la 21e place parmi les 35 pays de l’OCDE.

Ces améliorations viennent confirmer une tendance globale depuis plusieurs années. Car déjà – à l’issue du rapport PISA 2009 – le Portugal était le quatrième pays ayant plus progressé en lecture et en mathématique et le deuxième en sciences.

Parents Professeurs Ensemble Infographie

Mais quelles sont donc les caractéristiques du système éducatif Portugais ?

On peut notamment citer l’expansion de l’éducation préscolaire (accrue de plus de 20 %) . Une expansion permise par le fait que l’éducation préscolaire soit universelle pour les enfants à partir de 5 ans, ou encore l’enseignement obligatoire pour tous les enfants et les jeunes pendant 12 ans – de 6 à 18 ans.

Surlignons aussi une donnée essentielle : un curriculum national et la gestion autonome des établissements scolaires. Ainsi, le Ministère de l’Éducation définit le temps minimum alloué à un domaine ou à une matière spécifique et le temps maximum par année ou par cycle. Ces temps sont gérés de façon flexible par les établissements scolaires, en fonction de leurs besoins.

Le décrochage scolaire divisé par trois

Sur les cinq dernières années, le décrochage scolaire du Portugal est passé de 39% à 13%. Le Portugal a notamment durci son enseignement en mathématiques en augmentant le nombre d’heures consacrées à cette matière.  

Par ailleurs, pour améliorer les conditions de travail, le Portugal a créé des postes d’éducateurs dans les zones sensibles. Ces personnels sont dans les classes pour faire respecter la discipline, ce qui permet aux enseignants se concentrer sur la pédagogie.  

Les cours de seconde chance : un système égalitaire

Les élèves de 15 ans minimum en voie de décrochage scolaire peuvent suivre des cours dits de seconde chance, organisés par les ministères de l’Education et du Travail portugais. Cette formation peut mener à une certification scolaire équivalente à la 9ème année (fin de l’enseignement de base) ou à la 12ème année (fin de l’enseignement secondaire). Les compétences déjà acquises sont prises en compte, et en cas d’échec aux examens, des modules peuvent être validés.

 

La formation et l’évaluation des enseignants

Une autre mesure citée comme étant à l’origine de ces résultats encourageants pour le Portugal est la formation des enseignants. Selon Aldina Lobo, Professeure de portugais dans l’enseignement secondaire à Cacém, « L’obligation de se former a été très positive ; et d’ailleurs les enseignants réclament cette formation. Même lorsque les programmes de formation sont insuffisants, ils provoquent un regard critique, une réflexion qui fait bouger. »

Autant d’éléments qui permettent au Portugal d’obtenir des résultats encourageants, mais qui n’en font pas un modèle à suivre sur tous les points de vue pour autant. Si tout n’est pas forcément transposable à notre système éducatif, la France peut peut-être au moins s’inspirer de certaines mesures, notamment celles qui ont amené une baisse significative du taux d’échec scolaire.

 

Sources :

https://www.euractiv.fr/section/education/interview/navracsics-education-policy-is-tomorrows-economic-policy/

https://www.digischool.fr/international/guide-pays/caracteristiques-systeme-educatif-portugais-34719.html

https://www.touteleurope.eu/actualite/l-education-et-la-formation-dans-l-union-europeenne.html

https://www.euroguidance-france.org/partir-en-europe/portugal/le-systeme-educatif-portugais/

http://www.cahiers-pedagogiques.com/Au-Portugal%E2%80%89-l-education-bouge

http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/c-est-comment-ailleurs/c-est-comment-ailleurs-la-lutte-contre-le-decrochage-scolaire-au-portugal_2360029.html

[1] Rapport PISA : ensemble d’études menées par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), et visant à mesurer les performances des systèmes éducatifs des pays membres et non membres. Les enquêtes sont menées tous les trois ans auprès de jeunes de 15 ans dans les 34 pays membres de l’OCDE ainsi que dans de nombreux pays partenaires et aboutissent à un classement dit « classement PISA ». La première enquête a été menée en 2000, la dernière a été menée en 2015 et publiée en décembre 2016